Lundi 8 mai 2017, Libération titre en une ce matin-là : "La France d'avant" sans savoir ce qui s'était tramé au bout d'une nuit irrespirable et irréelle. L'ancienne journal papier de gauche comme tous les autres médias n'étaient en mesure d'analyser ce que le pays venait de vivre durant une campagne qui - jusqu'à ses dernières secondes - aura été une gigantesque boule de n'importe quoi. Le Monde se chargera d'annoncer l'affligeante nouvelle en premier : Gérard Larcher, alors président du Sénat, devient président de la République par intérim.
Comme un symbole, tout a commencé à "partir en sucette" un 11 septembre à l'occasion des travaux préparatoires de l'université d'été du Front National qui devait se tenir une semaine plus tard à Fréjus. En coulisses, le FN "version 2016" recherche respectabilité et alliances avec la droite, mais surtout à se débarrasser une bonne fois pour toute des "anciens" de l'époque du père, médiatiquement trop marqués comme antisémites, Vichistes et incontrôlables dans leurs propos dès qu'ils ont bu le verre de trop. C'est pourtant l'inverse qui va se passer. Le matin du deuxième jour du congrès, les proches de Marine Le Pen, présidente du parti et candidate naturelle à la présidentielle, sont mis en accusation dans toute une série de révélations de scandales financières, documents et chiffres à l'appui.
En fin de journée, Florian Philippot fait les frais d'un pseudo scandale sexuel sur fond de pédopornographie (dont il sera finalement blanchi dix ans plus tard), et démissionne du bureau politique avant de quitter définitivement le parti...
Tous les autres "Marinistes" sont évincés en quelques heures suite à de nombreux rebondissements, règlements de comptes internes et trahisons, le tout orchestré en sous-main par Marion Maréchal Le Pen (qui n'était pourtant qu'une débutante en politique, bien loin de son aura présidentielle des "événements" de 2031). Le 18 septembre au soir, tous les anciens alliés historiques de Jean-Marie Le Pen ont repris les rênes du parti.
Marine ayant disparu des écrans radar, le FN est en mal de candidat sérieux avant la présidentielle de 2017. Marion Maréchal Le Pen est considérée trop jeune tandis que les autres cadres "médiatiques" semblent trop marqués par la ligne "gaucho-pédérastique" (sic) de Philippot (pour reprendre les propos de qui vous savez) ou à l'inverse par les milieux identitaires. Les sondages annoncent une dégringolade du parti au premier tour : seulement troisième avec moins de 15% des voix, quelque soit le scénario.
C'est alors que la cadette du clan Le Pen lance comme une boutade - ou non - l'idée d'une candidature de son grand-père pour "l'honneur et pour que les vrais patriotes soient représentés par quelqu'un". D'abord moquée, l'idée fait finalement son chemin durant plusieurs semaines. Les médias suivent comme un feuilleton chaque apparition et sortie du patriarche qui apparaît de plus en plus gaillard et apte intellectuellement. L'hypothèse improbable devient à la stupeur générale totalement crédible...
A droite, la primaire a été cataclysmique. Après des semaines de règlements de compte assassins, et un débat qui tournera uniquement autour des seuls sujets de "l'immigration arabo-musulmane" et du grand retour de l’abrogation ou non du mariage homosexuel, les résultats du premier tour accouchent - après une demi-journée d’atermoiement - d'un duel Nicolas Sarkozy - Bruno Le Maire. La liste des deux qualifiés change plusieurs fois au cours d'une soirée électorale restée dans les annales de la télévision française. Semblant disposer de sources passablement différentes, BFM TV annonce Le Maire et Alain Juppé en tête, CNews penche pour un duo Nathalie Kosciusko-Morizet et François Fillon, LCI/TF1 pour Sarkozy et Juppé, là où les chaînes publiques voient Le Maire et NKM largement devant un Sarkozy à peine cinquième.
Le lendemain à 18h, les résultats définitifs tombent : les cinq premiers se tiennent à peine à quelques points : Sarkozy 19,5%, Le Maire, 18,7%, Juppé 18,4%, NKM 17,9%, Fillon 16,5%.
Sarkozy excepté, l'ensemble des candidats crient au scandale et à la manipulation, y compris le pourtant qualifié Bruno Le Maire. Ce dernier ne devra son salut "au finish" qu'à son positionnement ultra conservateur et sa rhétorique identitaire-chrétienne durant les débats, notamment sur la question de l'avortement, de la "civilisation culturelle à la française", du voile, et bien entendu du mariage gay qu'il s'est proposé de supprimer "purement et simplement" dès son accession au pouvoir. Au contraire, NKM fera figure de championne du libertarianisme, des "éco-citadins" et profitera du sursaut féministe engendré par la victoire de Hillary Clinton aux Etats-Unis d'Amérique du Nord (ex-USA) pour faire une grosse percée.
Grand favori deux ans avant l'échéance, Alain Juppé verra quant à lui la roue violemment tourner après ses quelques problèmes de santé et surtout les vraies/fausses révélations sur sa vie privée. Des rumeurs de relations sexuelles avec mineures apparemment lancées par des hommes de mains de Nicolas Sarkozy, et conclues par la fameuse phrase du rival lors du tout dernier débat télé : "En tout cas, je suis content que cinq ans après la gauche, la primaire de la droite et du centre a (sic) pu avoir son petit DSK...", suivi des rires, puis du visage figé et baissé d'un Juppé dont la chute dans les sondages paraissait sans fin...
Les nombreuses accusations contre le clan Sarkozy - alors président du parti - de fraudes multiples, bourrage d'urnes, double vote, intimidations, et autres, puis la large victoire de l'ancien président au soir du second tour firent alors imploser le peu de parti qu'il restait. Ce 27 novembre 2016, à peine quelques minutes après le discours de victoire de leur supposé candidat officiel pour la présidentielle, Alain Juppé, François Fillon, NKM, Xavier Bertrand, Nadine Morano, Michèle Alliot-Marie annoncent quasi-simultanément leur candidature pour la prochaine présidentielle.
En fin stratège ou parfait pyromane, François Hollande lancera l'idée (avant de définitivement la faire adopter) d'assouplir les conditions de candidature lors de la prochaine élection de 2017 : le chaos était désormais une hypothèse de travail parfaitement réaliste. Et ce fut le cas.
Tandis que la droite se déchire, les partis centristes, sortis meurtris de la primaire prétendument "de droite et du centre", préparent leur vengeance en coulisse en s'engageant sur un "acte fondateur symbolique d'union et d'esprit républicain" (sic) pour le début d'année. On s'attendait sereinement à un duel à mort au fleuret entre Hervé Morin et François Bayrou pour savoir qui aurait l'honneur de faire 5% à la présidentielle. Mais surement pas à ce qui allait arriver... L'avaient-ils seulement prévus ? (a priori non)
A gauche, du classique. La primaire ouverte finalement aux seuls socialistes (les autres partis ayant clairement dit merde), une dizaine de candidats s'apprêtent à s'affronter alors que Hollande descend sous le seuil historique des 10% d’opinion favorable (6% début décembre). L'impensable survient alors : le président en exercice renonce à se représenter (dans l'indifférence générale)

Dans le sillage de la "hype Jean-Marie Le Pen", une étude publiée conjointement par deux instituts de sondage en début d'année 2017 fait l'effet d'une bombe. Elle montre chiffres à l'appui que le taux d'abstention des moins de 40 ans s'annonce massif (presque 70%) et que les trois principaux thèmes de la campagne seraient la conservation du patrimoine culturel, l'aide à la dépendance... et les retraites. L'écologie, la jeunesse, la culture n'arrivent qu'en dernier. En clair, la prochaine élection est taillée pour le candidat qui arrivera le mieux à parler "à l'oreille des vieux".
Loin de se refaire une virginité avec les ennuis cumulés de la droite et de l'extrême-droite, la gauche s'enfonce dans la crise alors qu'aucun de ses "champions" de remplacement ne semble faire l'affaire auprès des Français. Les hésitations incessantes de Christiane Taubira à se présenter aux primaires, l'absence criante de crédibilité de Arnaud Montebourg et Benoît Hamon, l'usure politique de Manuel Valls, le passage d'Emmanuel Macron dans le camp Juppé conduisent à l'annulation pure et simple des primaires après avoir plusieurs fois été repoussées. Un temps, on reparlera de Hollande, puis en fait non, et Martine Aubry sortira momentanément de son coma, pour le même résultat.
Début mars 2017, lorsque le magazine papier Marianne titre sur "Jacques Delors : mon temps est venu...", on se pose la question de l'intérêt de faire sa une sur ce qui semble être une annonce de retraite politique (ou d'euthanasie), quelques semaines à peine après un des attentats les plus meurtriers qu'ait connu le pays. Les rédactions ne réagissent pas tout de suite, on croit au canular. Ce n'est que très tard dans la matinée que les premières chaînes info relaient l'information : poussé par de nombreux cadres du PS et par François Hollande lui-même, l'ancien président de la Commission Européenne - dont on avait oublié l'existence depuis l'annonce de sa non-candidature à la présidentielle de 1995 - entend cette fois-ci accomplir sa destinée de sauveur de la gauche. Les commentateurs sont hallucinés, on parle de troubles mentaux, d'incapacité physique à exercer ne serait-ce que quelques mois le pouvoir, même de mort imminente. Le surlendemain, les premiers sondages tombent : Jean-Marie Le Pen (88 ans) et Jacques Delors (90 ans) arriveraient en tête au soir du premier tour avec respectivement 21% et 24% des voix, presque 10 points devant Sarkozy et Juppé...
Alors que des sommets d'improbabilité semblaient déjà avoir été atteint, un nouvel acteur tenta de repousser les limites du post-modernisme. Quelques jours avant le dépôt des parrainages au Conseil Constitutionnel, Laurent Ruquier, animateur des "Grosses Têtes" sur RTL lance comme une plaisanterie à son invité du jour : "Et vous, vu votre âge, j'imagine que vous allez vous présenter aussi aux présidentielles, du coup ?". Sur le ton de la galéjade, Valéry Giscard d'Estaing (91 ans) répondit positivement, et entraîna malgré lui un tsunami médiatique. Ayant cru à une blague lors de l'épisode Jacques Delors, la plupart des rédactions françaises escomptent bien ne pas se faire avoir cette fois-ci et annoncent immédiatement la candidature de l'ancien président (dont nous fêtâmes cette année le centenaire de fin du mandat)
Le premier tour de 2017 restera comme un cas d'école unique pour une société occidentale : 27 candidats (dont 18 qui finiront à moins de 0,3%), 9 candidats pour la seule droite française, une moyenne d'âge autour de 70 ans, un candidat qui changera de sexe durant la campagne, un autre sur le point d'aller en prison, un bordel généralisé.
La victoire finale étant promise au "trio infernal" Le Pen / Delors / VGE, les débats peu passionnants tournent uniquement autour de la question des retraités et de l'idée que chacun se fait de la France. Un taux d'abstention record de 35% est annoncé (il serait finalement de presque 38%). La seule inconnue demeure l'identité du candidat qui rejoindra Delors au second tour, les deux autres dinosaures étant au coude à coude dans les sondages. Jusqu'à l'ultime semaine, Jacques Delors fait la course en tête, opte pour une stratégie de rassemblement large et confus (droite comme gauche sont persuadés qu'il gouvernera avec eux), préférant la presse écrite à la télévision pour ses prises de parole. C'est en effet une simple interview sur France 2 qui fera office d'iceberg à la campagne du fringant candidat socialiste (?). Coupable de très nombreuses absences, de lapsus permanents ("Chirac" au lieu de "Giscard", "Mitterrand" au lieu de "Hollande"), n'ayant jamais eu vent de l'existence réseaux sociaux de l'époque, et oubliant même le nom du chancelier allemand, prétextant l'avoir sur le bout de la langue et avoir "récemment mangé avec lui" (il s'agissait à l'époque d'une femme, Angela Merkel), nombreux prophétisent un écroulement dans la dernière ligne droite. Et il aura lieu.
Dimanche 23 avril 2017, 20h00. Tous les instituts de sondage sont d'accord sur l'identité du vainqueur du soir : Valéry Giscard d'Estaing arrive en tête avec 18% des voix. Derrière, un mano a mano entre Jean-Marie Le Pen et Alain Juppé autour de 16%, puis Delors qui s'écroule d'une dizaine de points à 14%.
Devant les caméras, VGE semble souriant mais très marqué par l'intensité de la campagne, le visage d'une blancheur maladive et la bouche percluse de tics. Un bref discours d'à peine trente secondes pour remercier ses électeurs dans un amas de phrases incompréhensibles, puis il repart péniblement dans les loges, soutenu à bout de bras par plusieurs membres de son staff, tenant à peine debout. Le hashtag "VoteTheWalkingDead devient numéro 1 "monde" sur Twitter.
Quant à Le Pen, triomphant, il paraît d'avoir 20 ans de moins que sur les images de lui en 2002. Crédité de 25 points de retard (65-40), sa campagne n'aura vraiment débuté que dans l'entre-deux-tours. Lors du célèbre discours de Poitiers du mardi 25 avril, Jean-Marie Le Pen adopte un registre messianique et implore la chrétienté. Il se pose en "recours final" : "Dans chacune des heures les plus sombres de l'Histoire de France, un homme - comme envoyé par le destin - a changé le cours des événements. Charles Martel fut l'ultime rempart de notre civilisation, je suis le dernier roi avant l'apocalypse. Au second tour, vous n'aurez pas seulement à faire le choix entre deux candidats, mais entre deux visions biologiques de la France : sa survie ou sa disparition totale. La Reconquête ou la colonisation de son cadavre."
Menée par sa directrice de campagne et petite-fille Marion, leur stratégie dite de "l'abeille" porte ses fruits dans les premiers sondages : des équipes de terrain affiliées aux milieux identitaires sillonnent les banlieues pour vendre aux communautés musulmanes un discours de "communautarisme constructif" consistant principalement en un cocktail conspirationniste et d'attaques contre la communauté "judéo-illuminati" : grand "ménage" dans les élites "judéisées", facilitation des départs pour Israel, etc. Bien aidés par Alain Soral et ses amis, retournés provisoirement dans le giron du Front National. De l'autre, un discours inverse auprès de la communauté juive de la part des anciens Marinistes : retrait de nationalité pour un million de français binationaux musulmans sur 5 ans, interdiction des signes ostentatoires "non-judéo-chrétiens" dans l'espace public et privé, expulsion automatique à l'occasion de certains délits, et tout un ensemble de mesures vexatoires du meilleur ton. S'il est encore besoin d'avoir un signe que la France va très mal, il s'avère que ce sera un succès total, les intégristes de chaque "camp" étant persuadés qu'une victoire FN amènerait à la disparition de l'autre. Une semaine avant le second tour, les tous derniers sondages ne donnent plus que 10 points d'avance pour VGE.
Le débat du deuxième tour n'aura finalement pas lieu, l'équipe de campagne de Giscard jouant d'abord la carte du "refus de discuter avec la Bête" avant de péniblement se justifier en évoquant de "très légers soucis de santé". L'ancien président n'est pas apparu en public depuis le soir du premier tour. Rien d'inquiétant a priori.
D'abord prévu comme assez haut en raison du "risque Le Pen", le taux de participation est revu à la baisse jour après jour, les gens ayant du mal à se mobiliser pour un candidat fantôme. Deux jours avant le vote, un sondage "interdit" publié en Suisse donne Le Pen vainqueur avec 52% des voix. Valeurs Actuelles, qui a fait ouvertement campagne pour Le Pen en compagnie, ouvre préventivement ses premières bouteilles de champagne.
Le 7 mai au soir, dès 19h45, les médias annoncent un scénario "Too close to call" à l'américaine. Pour la première fois de l'histoire de la Vème république, le président ne sera peut-être pas connu le soir-même de l'élection. Dans certains bureaux de votes, le taux d'abstention a été supérieur à 90%.
A 22h15, les dernières estimations pour la France métropolitaine donnent le candidat d'extrême-droite vainqueur avec 50,15% des voix. Quelques minutes plus tard, Jean-Marie Le Pen revendique la victoire, et dénonce des fraudes massives dans les territoires ultramarins qui pourraient faire basculer les chiffres en faveur de son rival. Twitter sort ses premières rumeurs de rixes violentes à Paris, Pris de cours, François Baroin, devenu numéro 2 de la campagne VGE, assure que les chiffres définitifs sont loin d'être connus avant de tenter un coup de bluff (on ne l'apprendra que plusieurs années après) et revendiquer la victoire pour son candidat moins d'un quart d'heure plus tard. A minuit, les plateaux de chaînes télé sont d'un attentisme alarmant. Personne ne sait ce qui se passe, les commentateurs lisent des dépêches sans comprendre la suite des événements, le ministère de l'intérieur refuse de communiquer, chaque parti politique rejettent la responsabilité sur tous les autres, les appels au calme se multiplient alors qu'aucune info ni image de violence n'a encore été évoqué. Puis Le Pen apparaîtra une nouvelle fois, rouge de haine. Ayant eu vent d'une prochaine annonce officielle de sa défaite, il se retire de la scène politique "pour mieux intégrer le combat, armes à la main", et appelle à l'insurrection populaire contre le "faux pouvoir".
Des émeutes éclatent à travers toutes les villes françaises entre "anarcho-gaucho-activistes" (pour la faire courte) et "néo-fascistes" (pour la faire encore plus courte) auxquels viennent s'adjoindre de nombreux jeunes de banlieues (idem) et d'autres groupuscules non-définis, sans que l'on sache précisément qui tape sur qui, comment, avec quoi, et qui brûle qui, quoi, comment, pourquoi.
Les caméras du monde entier filment plusieurs heures de violence continue, oubliant presque qu'il y a un résultat à annoncer. 2h30, Bernard Cazeneuve, ministère de l'intérieur, annonce lui-même la victoire de Valéry Giscard d'Estaing avec 50,27% des voix et 98% des bulletins dépouillés. Apparemment irrattrapable pour le candidat frontiste.
Au petit matin, les premiers flashs d'infos confirment la rumeur insistante : quelques heures après son inespérée nouvelle accession à la fonction suprême, Valéry Giscard d'Estaing venait de décéder.
La France se réveille dans le chaos, sans chef d'Etat, hors de contrôle.
Repliés sur eux-mêmes, les séniors ont cru un temps pouvoir tenir les manettes le pays avant de se rendre à l'évidence de l'absurdité de la situation : tout le monde peut aller à la guerre, mais plus difficilement lorsqu'il n'a pas bandé depuis plus d'un quart de siècle...
Quant à la jeunesse, elle a vécu toute la campagne présidentielle sans broncher, se disant que le pire serait bientôt derrière elle, et que tout ceci n'aura été qu'un vilain cauchemar. La politique française allait retrouver ses anciens standards d'incompétence, de discrédit, mais aussi de péremption. Comme avant.
Jean-Marie Le Pen étant parti sur un bras d'honneur, Delors et VGE dans un état de mort cérébrale plus ou moins avancé, et nombreux politiques septuagénaires et octogénaires comprenant qu'ils n'avaient plus rien à faire là, la table paraissait de nouveau rase et renversée, la terre enfin brûlée, les dés enfin jetés, les ânes enfin débarrassés de leurs mouches. Les quartiers généraux des principaux partis politiques juraient qu'on ne les y reprendrait plus.
Mais il était dit que le France resterait terre d'épouvante et de désespoir.
Car quelques semaines avant la tenue de nouvelles élections présidentielles, un nouveau nom revenait constamment dans toutes les conversations : Lionel Jospin
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